La question paraît anodine, mais elle fait hésiter beaucoup de monde. Entre « Émiratis », « Dubaïotes » et « expatriés », on ne sait pas toujours quel mot employer, ni à qui il s’applique réellement. Voici de quoi trancher en quelques minutes.
Dubaïote : le gentilé à employer pour les habitants de Dubaï
Les habitants de Dubaï s’appellent les Dubaïotes (un Dubaïote, une Dubaïote). C’est le gentilé le plus répandu en français pour désigner les personnes qui vivent dans la ville et dans l’émirat de Dubaï. On le trouve dans la presse, dans les récits de voyage et dans la langue courante.
La forme « Dubaïen » existe aussi et s’entend parfois, par analogie avec d’autres gentilés en « -ien ». Elle reste nettement moins courante, et le gentilé de Dubaï et ses nuances détaille ces différences. Si vous cherchez un terme sûr, qui sera compris de tous les francophones, retenez Dubaïote.
Ce mot désigne un lieu de vie, pas une origine, comme le rappelle les Dubaïotes, habitants de Dubaï. Un Dubaïote est quelqu’un qui habite à Dubaï, quelle que soit sa nationalité, comme on dit d’un Parisien qu’il vit à Paris sans préciser d’où viennent ses parents.
Dubaïote ou Émirati : quelle différence ?
C’est la principale source de confusion. Émirati désigne un citoyen des Émirats arabes unis (EAU), c’est-à-dire une personne qui détient la nationalité du pays. Le mot renvoie donc à la nationalité, alors que Dubaïote renvoie à la ville de résidence.
Les EAU réunissent sept émirats : Abou Dhabi, Dubaï, Charjah, Ajman, Oumm al-Qaïwaïn, Ras al-Khaïmah et Foujaïrah. Un Émirati peut être originaire de n’importe lequel d’entre eux, et vivre ailleurs que dans son émirat d’origine. À l’inverse, un Dubaïote n’est pas forcément Émirati. Le terme « Émirien » est parfois employé comme variante, mais Émirati domine largement aujourd’hui.
| Situation | Terme adapté | Précision |
|---|---|---|
| Parler de ceux qui vivent à Dubaï | Dubaïotes | Tous profils confondus |
| Parler d’un citoyen des EAU | Émirati, Émiratie | Notion de nationalité |
| Parler d’un étranger installé sur place | Expatrié, résident | Ex. : un Français résidant à Dubaï |
| Parler d’un habitant d’Abou Dhabi | Abou-Dabien (rare) ou « habitant d’Abou Dhabi » | Gentilé peu fixé, la périphrase est plus sûre |
Une appellation usuelle, et une population en grande partie expatriée

Dubaïote n’est pas un statut administratif. Aucun document officiel ne vous inscrit comme « Dubaïote » : on est citoyen émirati, titulaire d’un visa de résident ou visiteur. Le gentilé relève de l’usage, pas du droit, et son emploi reste donc une question de clarté plus que de règle.
Il faut aussi mesurer la composition de la population. Environ neuf habitants sur dix de l’émirat sont des étrangers, venus d’Inde, du Pakistan, des Philippines, d’Égypte, d’Europe et d’ailleurs. Les citoyens émiratis y sont donc minoritaires, ce qui explique que le mot Émirati ne puisse pas servir à désigner l’ensemble des habitants de la ville.
C’est aussi pour cela que, sur place, on entend souvent parler de « résidents » ou d’« expatriés ». Ces mots décrivent une situation (vivre à Dubaï sans en avoir la nationalité), là où Dubaïote reste neutre et englobant.
Idée reçue : « tous les Dubaïotes sont Émiratis »
C’est l’inverse qui est vrai : la majorité des Dubaïotes ne sont pas Émiratis. Si vous écrivez « les Émiratis de Dubaï » en pensant à toute la population, vous excluez en réalité l’essentiel des gens qui y vivent.
Usage pratique et erreurs à éviter
En pratique, le choix du mot dépend de ce que vous voulez dire. Pour une phrase générale sur la vie en ville, Dubaïote convient très bien : « Les Dubaïotes évitent de sortir en plein midi en été. » Pour parler de nationalité ou de culture locale, préférez Émirati : « La cuisine émiratie repose sur le riz, le poisson et les dattes. »
Plusieurs erreurs reviennent souvent. La première est de dire « Dubaïen » en pensant que c’est la seule forme correcte, alors que Dubaïote est plus courant. La deuxième est de confondre émirat et pays : Dubaï est un émirat, les EAU sont le pays. La troisième est de qualifier un Français installé là-bas de « Dubaïote » comme s’il en avait pris la nationalité. On dira plutôt « un Français de Dubaï » ou « un Français résidant à Dubaï ».
Et en arabe ou en anglais ?
Les autres langues suivent des logiques différentes. En arabe, on distingue l’« Imarati » (citoyen des EAU) de celui qui vient de Dubaï, que l’on peut qualifier de « Dubawi ». En anglais, le mot « Emirati » désigne les citoyens, tandis que pour parler des habitants on dit plutôt « Dubai residents » ou « people living in Dubai ». Le calque « Dubaiite » est rare. Le français est donc l’une des rares langues à avoir un gentilé aussi usuel pour la ville.
La fiche réflexe
- Vous parlez de la ville et de ceux qui y vivent : Dubaïotes.
- Vous parlez de nationalité ou de culture du pays : Émiratis.
- Vous parlez d’un étranger installé sur place : expatrié ou résident.
En cas de doute, une périphrase comme « les habitants de Dubaï » reste toujours juste. Elle évite de prêter une nationalité à quelqu’un et passe dans tous les contextes, du plus formel au plus familier.
