Verre haut rempli de jus rouge tige de celeri

Le bloody mary est un cocktail à base de vodka et de jus de tomate relevé d’épices, servi très froid dans un grand verre. On le boit à l’apéritif, mais aussi au brunch, où il a gagné sa réputation de remède du lendemain de fête. Ici, on parle bien de la boisson : ni du film d’horreur, ni de la légende de Marie la Sanglante, que l’on évoquera plus bas en quelques lignes.

Qu’est-ce qu’un bloody mary ?

C’est un cocktail de la famille des « long drinks », c’est-à-dire des boissons allongées qui se dégustent lentement. Sa base associe de la vodka, du jus de tomate et du jus de citron, puis un assaisonnement généreux : sauce Worcestershire, Tabasco, sel de céleri et poivre. Le résultat est salé, acidulé, piquant et légèrement végétal, ce qui le distingue de la plupart des cocktails sucrés, comme le shooter Madeleine, cocktail gourmand express.

On le sert traditionnellement dans un tumbler haut rempli de glaçons, avec une branche de céleri en guise d’agitateur comestible. La décoration varie ensuite selon les bars : rondelle de citron, olives, tranche de bacon, voire mini-brochette de crevettes dans les versions les plus fantaisistes.

Recette classique du bloody mary

Voici les proportions d’un bloody mary pour un verre. Elles se règlent ensuite selon votre goût, surtout pour le piquant.

  • 4,5 cl de vodka
  • 9 cl de jus de tomate bien frais
  • 1,5 cl de jus de citron pressé
  • 2 traits de sauce Worcestershire
  • 2 à 3 gouttes de Tabasco
  • 1 pincée de sel de céleri et un tour de moulin à poivre
  • des glaçons et une branche de céleri pour le service

Remplissez d’abord un verre mélangeur de glaçons, puis versez la vodka, le jus de tomate et le jus de citron. Ajoutez la sauce Worcestershire, le Tabasco, le sel de céleri et le poivre. Remuez doucement à la cuillère pendant une dizaine de secondes, juste le temps de refroidir et d’homogénéiser le mélange.

Filtrez ensuite dans un tumbler rempli de glaçons neufs, puis plantez la branche de céleri. Si vous n’avez pas de verre mélangeur, vous pouvez préparer le cocktail directement dans le tumbler, en versant les ingrédients dans l’ordre indiqué.

Le geste qui évite un bloody mary fade

Ne secouez pas le cocktail dans un shaker : le jus de tomate devient mousseux et trouble. Remuez en douceur, goûtez avec la paille, puis corrigez en sel de céleri ou en Tabasco avant de servir. Un verre bien froid et des glaçons non fondus gardent le mélange net jusqu’à la dernière gorgée.

Réussir son bloody mary : quelques repères

Verre rempli de jus rouge avec tige de celeri

La qualité du jus de tomate fait presque tout. Un jus pur, légèrement épais et peu sucré donne un meilleur résultat qu’un jus allégé ou aromatisé. Le jus de citron doit toujours être pressé à la dernière minute, car la version en bouteille apporte une acidité plate.

Côté vodka, inutile de choisir une bouteille de luxe : une vodka neutre et propre suffit, puisque les épices dominent. Pour le piquant, avancez par petites touches : le Tabasco se rajoute, mais il ne s’enlève pas. Beaucoup de barmans préparent aussi le mélange de jus de tomate et d’épices à l’avance et le gardent au frais, ce qui permet de servir plusieurs verres d’un coup lors d’un brunch.

Origine du nom et histoire du cocktail

La version la plus répandue situe la naissance du bloody mary à Paris, dans les années 1920, au Harry’s New York Bar, un établissement fréquenté par les Américains installés en France. Le barman Fernand Petiot y aurait mélangé vodka et jus de tomate, une association alors inhabituelle puisque la vodka, importée par des Russes exilés, était encore peu connue en Occident.

Fernand Petiot part ensuite à New York et, en 1934, prépare le cocktail au bar de l’hôtel St. Regis. La boisson y est rebaptisée Red Snapper, un nom jugé plus convenable, et la recette s’épice davantage avec du poivre, du citron et de la sauce Worcestershire. Ernest Hemingway, grand habitué des bars parisiens, a contribué à la renommée du cocktail, et on lui attribue souvent l’introduction du bloody mary dans certains cercles américains, même si les sources divergent sur ce point.

Quant au nom, plusieurs explications circulent et aucune ne fait l’unanimité. Certains y voient une référence à une cliente de Petiot prénommée Mary, d’autres à une serveuse d’un bar de Chicago, d’autres encore à la couleur rouge sang du mélange.

Les principales variantes

Le bloody mary a donné naissance à de nombreuses déclinaisons. Les plus connues se distinguent par l’alcool de base ou par le liquide qui remplace le jus de tomate nature.

Variante Ce qui change
Bloody Caesar Jus Clamato (tomate et palourde) à la place du jus de tomate, bord du verre givré au sel de céleri
Virgin Mary Sans alcool, mêmes assaisonnements
Bloody Maria Tequila à la place de la vodka
Red Snapper Gin à la place de la vodka

Le Bloody Caesar mérite une mention particulière, car c’est le cocktail emblématique du Canada. Il a été créé à Calgary à la fin des années 1960 par un barman d’hôtel, qui a eu l’idée d’imiter le goût des palourdes à la tomate d’un plat italien. Au Québec comme dans le reste du pays, il se commande autant au brunch qu’à l’apéritif, souvent avec une garniture très généreuse.

Bloody Mary, Marie la Sanglante et le reste

Miroir ancien dans une salle sombre, bougie vacillante

Le nom prête à confusion. Marie la Sanglante désigne la reine d’Angleterre Marie Tudor, connue pour la répression violente des protestants au XVIe siècle. De là vient aussi la légende urbaine du miroir, où l’on invoque « Bloody Mary » dans l’obscurité, qui a inspiré plusieurs films d’horreur portant ce titre.

Aucun de ces éléments n’a de lien démontré avec le cocktail. La parenté tient surtout à la couleur rouge de la boisson, et certains auteurs avancent que la référence à Marie Tudor a pu servir de clin d’œil, sans que cela soit prouvé.

Une fois la recette maîtrisée, le bloody mary se prête volontiers aux ajustements personnels : un peu de raifort pour plus de mordant, un trait de jus d’olive pour la rondeur, ou une pointe de paprika fumé. L’essentiel reste l’équilibre entre le salé, l’acidité et le piquant, avec un verre glacé et des glaçons en quantité.

Fiona

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